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Aliocha d'Henri Troyat « On eût dit que, sur terre, il y avait les Blancs, les Noirs, les Jaunes, et enfin une race à part : les émigrés ».
Quatrième de couverture
Lénine est mort, grande nouvelle pour la famille Krapivine qui a dû fuir la Russie et se réfugier en France pour échapper au régime des Bolcheviks. Mais Alexis est incapable de se réjouir de cette nouvelle qui permet à ses parents d’espérer retourner bientôt en Russie. Lui, désire se détacher de ses origines dont il a si honte. Il veut pénétrer plus profondément dans le tissu de la France où tout le fascine. « Ceux qui vivaient dans ce pays de paix et de beauté se rendaient-ils compte de leur chance ? ». Alors que ses parents s’acharnent tant bien que mal à l’initier aux différentes mœurs et habitudes russes, Alexis fait la rencontre de Thierry Gozelin. Celui-ci, avec son buste raccourci et ses longues jambes, devient rapidement son meilleur ami. Bien que très handicapé physiquement, Thierry intéressait Alexis par son savoir, son intelligence, ainsi que par son rang social et c’est grâce à lui qu’il découvre la littérature française. Tout au long de l’histoire Aliocha, de son nom russe, découvre, grâce à l’amitié profonde qu’il partage avec Thierry, un nouveau monde. Celui-ci lui permet de se détacher progressivement de son pays natal. Mais les chamboulements politiques en Russie vont l’éloigner de son désir d’être enfin considéré comme citoyen français.
Analyse du personnage principal
Bien que ce roman soit écrit à la troisième personne, il peut être considéré comme un roman autobiographique. En effet la vie du jeune Alexis qui y est racontée ressemble étrangement à celle d’Henri Troyat. Lui aussi dut quitter la Russie pour des raisons identiques. Aliocha, Alexis en russe, est un jeune garçon de 14 ans et demi, élève de troisième au lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine. Il est issu d’une famille de la haute bourgeoisie russe. Cependant, leur fortune a été séquestrée par ceux qui seront plus tard appelés les soviétiques et sont donc contraints de vivre dans la misère. La seule information que l’on reçoit de son physique est qu’il est considéré comme « beau gosse » par son ami Thierry Gozelin. Alexis se montre de nature très timide et a peu confiance en lui. C’est un garçon curieux et intéressé pas le mode de vie des personnes qui l’entourent. Critique de l'oeuvre
On connaît Henry Troyat grâce à ses qualités d’écrivain et en particulier pour avoir été élu à l’Académie française. Mais qui est-il vraiment, d’où vient-il ? Aliocha peut être au premier abord un simple roman comportant des faits historiques pourtant, sous le personnage d’Aliocha, Henri Troyat nous relate un passage important de son enfance.
C’est donc une autobiographie qui ne possède pas les caractéristiques habituelles de ce genre romanesque. En effet l’auteur utilise la troisième personne et les noms des personnages du roman n’ont aucun lien avec ceux de la vie de l’auteur. Il raconte ainsi ce moment qui l’a marqué de manière plus détachée et certainement plus romancée. Comme beaucoup de romans d’Henri Troyat, celui-ci comporte de nombreuses informations sur l’histoire, les coutumes russes, ainsi que la situation des habitants de ce pays au début du XXème siècle. La description détaillée empêche le lecteur de développer son imagination, en revanche, elle garantit une certaine authenticité historique. L’amitié qu’Aliocha partage avec un enfant physiquement handicapé, finissant de façon tragique, est touchante. Les rêves et espoirs d’un jeune garçon qui désire percer dans la littérature, mais dont le statut social est un obstacle, sont d’autres éléments qui évoquent chez le lecteur un sentiment de pitié et de compassion. Aliocha , peut être recommandé à tous les lecteurs avides de romans courts mais denses en sentiments et émotions. Un roman qui vous fait réfléchir et qui vous oblige à changer votre point de vue sur les problèmes actuels rencontrés avec les émigrés de toutes provenances. | ||||||||