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La petite Chartreuse de Pierre Péju " Pour Vollard, Eva devenait la petite Chartreuse. Silencieuse sans en avoir fait le vœu. La très pâle moniale. L’enfant cloîtrée. L’enfant privé de voix et de joie, privée d’enfance."
Quatrième de couverture
Un soir pluvieux de novembre, Etienne Vollard, libraire solitaire, heurte de plein fouet une petite fille. Le corps minuscule s’étant jeté devant sa camionnette, Vollard n’avait pu l’éviter, mais il ne peut s’empêcher de se sentir responsable et ne parvient pas à accepter les conséquences de l’irréparable. Il s’incruste alors dans la vie de la petite Eva, disparaissant soudainement lorsque qu’elle se réveille du coma. Grâce à la folie des livres, il reprend les choses en main, affronte enfin la petite fille, abandonnée par sa mère, et l’aide à sa manière à retrouver ce qu’elle a perdu à jamais. En hommage à cette œuvre, Pierre Péju reçut le prix du Livre-Inter 2003. Analyse du personnage
Etienne Vollard est un homme d’une cinquantaine d’années, qui a dédié sa vie à son unique passion : les livres. Ce libraire se retranche dans sa solitude en se récitant des passages de livres qui le suivent le jour et le hantent la nuit. Physiquement, il est impressionnant, ce qui lui sert de protection au monde extérieur. De plus, grâce à un ancien camarade de classe, qui devient narrateur durant quelques chapitres, on apprend que déjà petit, c’était un garçon introverti, peu sociable, souvent méprisé par les élèves de sa classe. Du reste, il pouvait aussi devenir très violent quand l’humiliation que lui faisait subir les autres camarades dépassait ce qu’il pouvait supporter. Son manque de confiance en lui et son mal être l’accablent. Il choisit toujours les solutions compliquées et doute souvent de lui. La générosité est cependant sa plus belle qualité. Il déploie une incroyable énergie pour redonner un sens à la vie de la petite fille, alors qu’il n’a pas à se sentir responsable de son état. Dans un certain sens, sa relation à cette enfant constitue sa propre thérapie. Finalement, lorsque la fillette, qui est devenue le seul lien qui le rattache encore à la vie, meurt, Vollard met fin à son existence. Il est difficile au lecteur de s’identifier à ce personnage, à son caractère très sombre, il broie sans cesse du noir et peut même paraitre fou. Critique de l'oeuvre
Dans cet hymne à la solitude qui lui valut le prix du Livre-Inter 2003, Pierre Péju met en scène un étrange trio : un libraire à l’allure d’un gros nounours introverti, une maman cherchant sans cesse à fuir et une fillette précocement fauchée dans son élan. On imagine sans difficulté que l’histoire commence et finit par une tragédie, mais tout le déroulement de l’intrigue reste inattendu et peut paraître un peu décevant, bien que le lecteur finisse par s’attacher aux caractères fort particuliers des différents protagonistes. L’atmosphère est sombre et négative, les trois personnages sont en désaccord avec eux-mêmes et avec le monde entier. Face à ce mal être propre à chacun, on s’attend à ce que la tragédie qui les a réunis puisse avoir malgré tout une conséquence positive qui les pousserait éventuellement à se créer une sorte de bulle où chacun trouverait son équilibre grâce aux deux autres. Un roman poignant et réaliste, mais qui reste sombre, âmes ayant tendance à déprimer, s’abstenir !
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